Exclu - Les titres initiaux que j'ai choisis pour les chapitres du tome 3 de mon ouvrage + 4 petits extraits

Une petite exclusivité en ce 1 juin 2026 pour vous qui lisez mon blog. Je poste un peu plus bas en photo, eh bien, une petite partie des tout premiers titres de mes chapitres de mon troisième tome. Ceci pour vous donner déjà un ordre d'idée sur son contenu.  À ce jour, j'ai déjà écrit plus de 110 pages, et croyez-moi, il n'est pas encore terminé ! Je n'ai pas perdu ma façon d'écrire au jour le jour, et petit à petit. Et que cela était une évidence, d'être toujours fidèle à ma mission : passeuse de messages. Mon manuscrit est encore en cours de rédaction et ne sera pas achevé avant de très nombreuses années, puisque le procès n'étant pas pour l'heure imminent... Oui, tu as bien lus toi qui lis mon post du jour. Allez lire cet article où je parle du renvoi du chauffeur et de son employeur devant le correctionnelAujourd'hui, je partage également, un peu plus bas, 4 courts extraits de ce troisième tome. Cela vous permet de constater que je continue d'écrire assidûment et que je n'ai pas du tout abandonné ce projet.

premiers chapitres de mon tome 3 des feutres et des allumettes
Sandrine Barthélémy ©

La fin d'un combat pour le début d'un autre

 Oui, si tu as déjà lu mes deux premiers tomes, tu le sais déjà qu’au tout début, les choses se sont mises en place naturellement. Je pense que nous, les parents endeuillés ne sont plus dans le même monde et que nous faisons peur, pourtant... De mon côté, cela a été une véritable bombe qui a tout fait explosé sur son passage, aucun survivant dans ma sphère amicale. Je navigue seule, et je pense que c’est beaucoup mieux ainsi. Pourquoi ? Eh bien, tout simplement, pour être avec des personnes bienveillantes qui savent le sens du mot « amour ». Oui, je suis convaincue que certaines personnes sont là elles aussi pour contribuer à ce que nous puissions changer ensemble un peu le monde fou dans lequel nous vivons. Les personnes qui ne sont plus là le sont pour de bonnes raisons, là leur… S’entourer de personnes et de choses positives est ce qu’il nous faut à nous, parents désenfantés. L’atrocité d’avoir perdu notre enfant a fait que notre vision de la vie et des autres est devenue limpide. Dans cette solitude sans nom, j’ai puisé des forces insoupçonnées et cela m’a aussi aidée à écrire, j’en suis sûre. Je laisse faire les choses et qui sait que je retrouverai un jour peut-être une place dans cette société individualiste. Oui, auprès de personnes comme moi ou des personnes qui souffrent. Malheureusement, cette société fait que nous ne pouvons plus nous intégrer, puisqu’on nous a chassés comme des lépreux. Ces jours, je viens d’avoir des retours de deux influenceuses et d’une de mes lectrices qui m’ont réconforté à l’urgence et la nécessité d’avoir écrit. Ce qu’elles ont écrit sont le résultat de ce travail d’écriture qui a su réveiller quelques consciences.

«  Le deuil, c’est un moteur qui cale, un avion qui part en vrille et n’en finit pas de tomber. »

Claude Raymond (2020)

Extrait - Ma nouvelle survie

 Oui, j’avais besoin d’écrire un petit chapitre où je te raconte un peu « ma nouvelle survie ». Celle qui est enfin venue après le renvoi devant le tribunal correctionnel du chauffeur et de son employeur. C’est enfin un peu de paix, oui, celle que je demandais depuis très longtemps, dans les deux premiers tomes, et dont je faisais souvent la remarque. Je ne suis pas guérie, mais je me dirige vers ce que l’on peut appeler une éclaircie. Je m’explique : la justice a fait un pas vers moi, je me sens enfin écoutée et moins invisible. Je prends un peu confiance en elle, mais je reste prudente quand même. Je suis moins en apnée à la surface désormais, le curseur, c’est enfin déplacé en ma direction. Pour combien de temps ? Mon corps, lui aussi, est moins lourd et fatigué, il est moins en état de survie. Mais je garde beaucoup de séquelles de la manière que l’on m’a traitée (la justice, le chauffeur, Keolis, la société et les autres). Je n’ai pas repris confiance en la vie, mais j’ai encore cette obligation de ne pas sombrer. Le combat que j’ai entamé il y a sept ans est terminé, mais j’ai une guerre à gagner. Je repense très souvent à cette épuisante bataille que j’ai menée seule… Comment ai-je pu en revenir ? Indemne, non, mais fière d’avoir fait tout mon possible pour Johanna. Et je lui ai promis devant sa tombe que maman Sandy va prendre soin d’elle.

« Du combat, seul les lâches s’écartent »

Homère

Extrait - Mars 2026 - en attente d’éventuelles nouvelles

 Je commence ce mois de mars 2026 avec comme musique de fond, eh bien, comme toujours, de l’attente. Comme je l’ai écrit précédemment dans un autre chapitre de ce tome 3, que l’attente est beaucoup moins dévastatrice. Mais il n’en reste pas moins que cela reste toujours compliqué après toutes ces nombreuses années de combats et de souffrances. On m’a dit dernièrement des propos concernant la Ville et Métropole de Lyon qui ont du sens. Je me permets de les écrire ici dans ce nouveau chapitre : on m’a donc dit qu’ils s’en sortaient tellement bien… et qu’ils sont là pour organiser les choses et, en tout premier lieu, nous protéger… Ils font des dépenses inconsidérées dans des tas de secteurs et… la vie humaine n’est juste pas leur priorité. J’espère que cela te dégoûte, toi qui me lis ? Le maire actuel de Lyon, qui veut se faire réélire a trouvé bon de dire que les piétons allaient devenir son cheval de bataille… Il n’est pas crédible à mes yeux. C’est dommage qu’il lui faille à lui aussi connaître le deuil d’un être cher, faute à la cause de choses non faites dans sa propre ville. Là, je parle pour la rue piétonne où a été tué Johanna. Pourtant, j’ai le devoir de le réécrire ici, que des remontées des chauffeurs à Keolis avaient été effectuées… Et aussi un article de presse deux mois avant l’accident. Mais cela n’a pas suffi pour les juges d’instruction, puisqu’ils n’ont renvoyé que le chauffeur et Keolis devant le tribunal. Les responsabilités de la ville et Métropole sont passées à la trappe… Pourtant, je le réécris également : les rues appartiennent à la Métropole. L’arrêté qui donnait l’autorisation aux bus de chez Keolis d’y rouler, c’est bien la ville qui l’a signé et non le chauffeur ou son employeur. C’est certain que Keolis a une responsabilité énorme, puisqu’ils connaissaient le risque. Ils ont bien été d’accord pour que leurs bus passent dans une rue piétonne dépourvue de sécurité. Ils avaient les moyens de faire autrement, j’en suis certaine, tout comme la ville et Métropole de Lyon, puisque maintenant, ils les font passer par la rue Grenette… et la rue de la République est 100 % piétonne depuis le 21 juin 2025. Oui, elle était piétonne au moment de l’accident, et est devenue plus de 6 mois après une zone 30… C’est effrayant de réaliser la valeur de la vie d’un être humain, oui, d’un piéton qui pourrait être toi, moi ou un être cher.

 

Je commence un peu à me préparer à cette « pièce de théâtre », oui, un procès, c’est cela… Bon, comme c’est moi qui ai perdu ma fille, c’est moi qui devrais être plus crédible que le chauffeur qui l’a tué ainsi que son employeur. Je compte sur le savoir de mon avocat, et je lui fais confiance. En lui, j’ai senti le respect et la bienveillance ainsi qu’une conscience professionnelle. Et je sais que je n’ai pas pu me tromper une deuxième fois… Ces jours-ci, on m’a rapporté des choses qui vont te faire bondir. Oui, dans le quartier où j’habite un délinquant de la route sous bracelet, eh bien boit toujours et reconduit sa voiture malgré ce qu’il a fait lui aussi : il a enlevé la vie d’une personne. Avec ça, je dois me préparer déjà à ce que la justice va donner au chauffeur et à Keolis… Toutes ces années pour peut-être ne rien n’avoir. J’en suis presque sûre. Bon, là où je suis et resterai forte, c’est que j’ai dit tout ce qui n’allait pas. S’il n’y a pas de jurisprudence, là à ce stade, je n’y pourrais rien. Si cela lui plaît à la justice que cela puisse se reproduire, je le répète, je n’aurais pas pu sauver la ou les prochaines victimes. Les mêmes erreurs mènent aux mêmes résultats... Si tu prends les bus TCL toi qui me lis, es-tu d'accord avec cela ?

Oui, Johanna était dans ses droits ce jour-là

Je reviens réécrire un petit bout de chapitre du tome 2, car c’est en répétant que l’on pourra peut-être me comprendre. Par conséquent, je rédige certaines phrases au passé, puisque maintenant, les bus n’y passent plus. « Oui, Johanna était dans ses droits ce jour-là, mais tous les responsables directement et indirectement l’ont menée à la morgue. Elle n’a pas été en sécurité dans cette fameuse rue piétonne, ce chauffeur de bus ne l’a pas vue et il l’a percutée et écrasée comme un bout de carton. Toutes ces personnes agglutinées devant le chauffeur côté droit ne l’avaient pas plus gêné que cela, puisqu’elles étaient là depuis Saint-Paul... La visibilité, c’est la première chose qu’on nous enseigne quand on apprend à conduire. De plus, on n’aurait pas dû faire passer des bus de 20 tonnes dans une rue piétonne, donc réservée normalement uniquement aux piétons... Sur le papier bien entendu ; car en réalité, c’était une véritable morgue à ciel ouvert avec des bus qui y passaient à une vitesse qui n’était pas le pas... et qui en étaient très loin. Ce n’est pas un fait divers, et cela ne le sera jamais, car cet accident aurait pu être évité. Oui, il y a eu une incohérence de la réglementation de la mairie ; on n’aurait jamais dû faire passer des bus de plus de 20 tonnes dans une rue piétonne qui, de plus est, était une rue énormément alimentée en flux en tout genre... Le maire (GC) avait déjà été alerté à plusieurs reprises et il n’avait rien fait. Pourtant, un maire a des responsabilités, il est acteur de notre sécurité... Il y avait sur cette rue une fourchette de 50 à 80 bus par heure qui y passaient. À l’heure des faits, il n’y avait pas de passages piétons sur la rue de la République, ce qui mettait tous les piétons en danger permanent pour la traverser... »

« Ne pensez pas que parce qu’un accident ne vous est pas arrivé, cela ne peut pas arriver. » Proverbe sur la sécurité, vers le début des années 1900

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Sandrine Barthélémy

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